
La ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, a confirmé mercredi l’exécution de quatre Canadiens par la Chine au cours des derniers mois. Cette annonce fait suite à une déclaration de l’ambassade de Chine à Ottawa, qui avait elle-même confirmé l’exécution de citoyens canadiens plus tôt cette année, sans fournir de détails supplémentaires.
Des exécutions confirmées, des détails tus
Les familles des victimes ont demandé au gouvernement canadien de ne pas divulguer l’identité des quatre personnes exécutées. Cette situation a été initialement rapportée par le quotidien Globe and Mail. Affaires mondiales Canada a fermement condamné ces exécutions, soulignant que le recours à la peine de mort est contraire à la dignité humaine fondamentale.
Réactions et positions
L’ambassade de Chine à Ottawa a défendu ces exécutions, affirmant que quiconque enfreint la loi chinoise doit en répondre conformément à la loi. Elle a également indiqué que les crimes commis étaient liés à la drogue, sans donner plus de précisions.
Le gouvernement canadien a confirmé que Robert Schellenberg, condamné à mort pour trafic de drogue en 2019, n’est pas parmi les exécutés. Le Canada continue de plaider pour la clémence envers Schellenberg et lui fournit une assistance consulaire.
Une relation bilatérale tendue
La relation entre le Canada et la Chine est tendue depuis l’arrestation des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor en 2018. Leur détention, largement perçue comme des représailles à l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei, a marqué un tournant dans les relations bilatérales.
Michael Kovrig a qualifié la déclaration chinoise de « propagande vide », affirmant que la Chine ne respecte pas l’État de droit. Il estime que les exécutions témoignent d’un mépris total pour la vie humaine et les droits de l’homme.
Une opacité dénoncée
Amnistie internationale a dénoncé l’opacité entourant ces exécutions. La directrice générale francophone pour Amnistie internationale au Canada, France-Isabelle Langlois, a souligné le manque de transparence de la Chine concernant les condamnations à mort.
Une évolution inquiétante
Vina Nadjibulla, vice-présidente de la recherche et de la stratégie à la Fondation Asie Pacifique du Canada, a qualifié ces exécutions d’évolution « profondément troublante ». Elle a souligné que l’exécution d’étrangers est extrêmement rare en Chine, malgré un taux de condamnation de 99 % et un nombre élevé d’exécutions.
Ces événements montrent que les relations entre le Canada et la Chine restent fragiles et marquées par des divergences profondes. Pour ceux qui espéraient un rapprochement, cette décision de la Chine indique une direction opposée, renforçant les tensions bilatérales.