ABDEL RAHMANE DIOP: « 500 000 à 1 million de Camerounais résident à l’étranger »

Dans cet entretien mené par le journaliste Jean Solaire KUETE, Abdel Rahmane DIOP, Chef de Mission de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) au Cameroun, partage son analyse sur les mouvements migratoires du Cameroun vers les pays occidentaux. Les dessous, les dessus et les contours de la question sont abordés sans détour, ainsi que les missions difficiles de l’OIM au Cameroun.
JSK : Quelles sont les missions de l’OIM ?
M. Diop : Merci beaucoup, Jean Solaire. C’est un plaisir et un honneur d’être invité à cette importante plateforme. Je suis Abderrahmane Diop, Représentant de l’OIM, Chef de mission pour l’Organisation internationale pour les migrants au Cameroun, avec les fonctions de coordination pour la Guinée Équatoriale, Sao Tomé et Principe. L’OIM est une agence du système des Nations Unies, créée en 1951. La principale mission de l’OIM est de faire en sorte que les migrations soient sûres, ordonnées et régulières, étant donné que les migrations sont un choix et pas une nécessité. Cette agence a, à sa tête aujourd’hui, Mme Amy Pope, qui est Directrice générale. Dans le cadre de ses fonctions, elle a adopté un plan stratégique avec trois objectifs majeurs : premier objectif, protéger les vies et sauver les migrants ; deuxième objectif, trouver des solutions aux déplacements forcés ; et troisième objectif, promouvoir des voies de migration régulière, donc faciliter les voies de migration régulière.Vous verrez que dans l’espace de 2024 à 2028, voilà ce qui va représenter nos objectifs, et voilà en quelques mots ce qu’est l’OIM et ce que l’OIM aspire à atteindre comme objectif.

JSK : Quel est l’état des lieux que vous avez fait au Cameroun dès la prise de service ?
M. Diop : Merci, Jean Solaire. La question est extrêmement importante. Le Cameroun, ou le triangle camerounais, que j’appelle aussi affectueusement le continent en miniature, est un pays extrêmement important dans la région de l’Afrique centrale. Vous l’avez dit, c’est un pays à devenir intermédiaire de la classe inférieure. C’est un pays qui fait face à un certain nombre de défis, de point de vue aussi de sa position. Ce que je veux dire ici, c’est que le Cameroun est un pays à la fois de départ, de retour et de transit pour les migrants, à la fois africains mais aussi d’autres continents. C’est vraiment important de garder cela en tête pour toutes les analyses que nous faisons. C’est un pays extrêmement hospitalier, du point de vue de certaines crises autour du Cameroun. Le Cameroun doit recevoir de nos jours autour de 300 à 500 mille réfugiés sur son sol. Donc, en dépit de certains enjeux qui lui sont propres, c’est un pays qui ouvre ses bras aux frères et sœurs des pays voisins. Le Cameroun, c’est aussi un pays de départ, vous l’avez si bien dit. Aujourd’hui, on compte à l’international entre 500 000 et un million de Camerounais qui résident à l’étranger. Des chiffres, bien entendu, non confirmés, parce que notre défi majeur est la question des données sur les migrations camerounaises. Nous avons beaucoup de difficulté à dénombrer, donc aujourd’hui, nous sommes en train de réfléchir à un nouveau partenariat stratégique sur la question des données migratoires, et c’est aussi la raison de ma visite ici au Canada, pour justement apprendre des méthodes utilisées par des institutions de renom canadiennes sur justement les méthodes utilisées pour affiner ces dénombrements et bien évidemment travailler sur d’autres secteurs. C’est un pays de retour. C’est un pays de retour parce que le Cameroun, c’est aussi en lien avec le départ. C’est un pays où aujourd’hui les jeunes Camerounais en difficulté à l’étranger choisissent de revenir volontairement, et ça, c’est notre programme phare, le programme d’aide au retour volontaire et à la réintégration. En 4 ans, nous avons accueilli près de 10 000 Camerounais qui sont rentrés, que ce soit des pays de transit. On ne parle pas de déportation. L’OIM ne fait pas dans la déportation, l’OIM ne contraindra jamais un migrant à rentrer dans son pays de départ. On répond à la demande, on répond au migrant camerounais qui dit « je veux rentrer chez moi », parce que justement confronté à un certain nombre de défis particuliers.
JSK : Si un migrant décide de rentrer, qu’est-ce que vous faites comme accompagnement ?
M. Diop : Je vais revenir sur le fait qu’en 4 ans, nous sommes sur le chiffre de 10 000. Si nous ramenions ça au ratio, c’est pour dire que chaque jour, on se retrouve avec 6 jeunes Camerounais qui quittent le pays de façon irrégulière, pour rejoindre l’Europe, l’Amérique du Nord. Les routes d’immigration se sont relativement diversifiées, on se retrouve aujourd’hui, en plus du désert qui va vers l’Europe et de la mer, il y a aussi la nouvelle route de l’Amérique qui se dessine. Donc, les personnes qui prennent l’avion qui atterrissent dans les pays d’Amérique latine et qui traversent l’Amazonie en direction des États-Unis ou du Canada, via le Mexique. Donc, on est sur des problématiques assez dynamiques, assez diversifiées, qui se renouvellent et qui obligent à des réflexions et des adaptations assez constantes. Revenons à la question de savoir ce que nous faisons lorsqu’un migrant veut retourner chez lui. Déjà, l’OIM compte 174 États membres, et dans ces 174 États membres, la plupart sont représentés dans plus de 100 pays. Au Cameroun, par exemple, nous avons six bureaux au total. On est à Yaoundé, qui est le bureau central, mais on a aussi un sous-bureau à Douala, Buea, Bertoua, Maroua et à Kousseri. Donc, ce maillage fait que, dans d’autres pays où on a ce maillage similaire, quel que soit l’endroit où le migrant se trouve, il arrive à dire « je veux rentrer » et il arrive à trouver un bureau OIM à qui s’adresser, tout part de là.
Ensuite, le référencement à l’ambassade. L’ambassade camerounaise va jouer un rôle extrêmement important. Je profite de ce moment pour saluer le leadership du gouvernement camerounais sur cette question, parce que dès qu’on le saisit, et c’est souvent l’une des problématiques, très souvent les migrants perdent leurs identités lors du parcours migratoire de façon volontaire ou involontaire, toujours est-il qu’il ne peut pas avoir de voyage de retour sans un document de voyage, et c’est là où l’ambassade intervient pour faire un laisser-passer gratuitement sur la base, bien entendu, de vérification d’identité, de confirmation de nationalité, dès que nous avons ce retour, le document est prêt, en fonction du nombre, il peut arriver que l’OIM affecte un avion spécial. Dernièrement, nous avons accueilli un avion de 150 migrants camerounais du Niger. Pas plus longtemps que ça, on recevait un avion spécial de 150 en provenance de la Tunisie, avant cela, on a eu 150 en provenance de l’Algérie. Lorsque le nombre est important, c’est un avion spécial qu’on affecte, lorsque les nombres sont moins importants, on utilise les vols commerciaux.
Les migrants atterrissent à Yaoundé ou à Douala, nous les accueillons très souvent avec les autorités camerounaises, les représentants du Minjec et du ministère des Relations extérieures, et de là, entre en jeu ce que nous appelons l’aide à la réintégration. Donc, il y a deux aspects : l’aide au retour volontaire et le volet réintégration, qui est un volet extrêmement important. Lorsque nos ressources nous le permettent, nous demandons au migrant quelles sont les causes de sa migration, il est à noter que pour l’OIM, la migration n’est pas un choix, mais une nécessité. Lorsque la migration a été inspirée par une nécessité, telle que le manque d’emploi, des difficultés d’ordre structurel, nous allons accompagner le migrant pour se réintégrer avec un package, l’aide à la création d’entreprise.
Aujourd’hui, sur les 10 000 que nous avons reçus, plus de 4 000 ont reçu cette aide en 4 ans. Nous sommes sur des chiffres assez impressionnants.
JSK : Comment se passe l’intégration de ces migrants ?

M. Diop : Il faut dire qu’à l’OIM, on a posé des principes. Encore une fois, nous avons été créés en 1951, nous avons plus de 70 ans d’expérience. Aujourd’hui, nous avons décidé, à travers la très haute hiérarchie, que la réintégration doit s’accorder au moins à quatre aspects. On a la réintégration économique, qui est la partie visible de l’iceberg, mais la réintégration est aussi sociale, et je ne vous parle pas, Jean Solaire, du nombre de factures sociales, familiales qui sont causées par la migration au Cameroun. La réintégration, elle est aussi psychologique, et là encore, je ne vous parle pas de tous les défis, de toutes les problématiques qui sont provoquées par la migration. Tous ces aspects doivent être pris en compte dans la réintégration.
JSK : Quels sont les résultats de vos actions sur le terrain?
M. Diop : Merci pour la question, les résultats sont bons. Nous avons un taux de réintégration vacillant entre les 60 et 80% de réintégration réussie, où le entreprises survivent malgré le contexte dans lequel elles évoluent. Nous avons des familles qui se réconcilient, nous avons des migrants qui sont soignés merci encore au ministère de la Santé qui ne ménage aucun effort dans ce sens. Donc on a des résultats probants mais encore une fois il y’a aussi des difficultés. C’est difficultés qui nous amène à inventer des modèles de réintégration et je saisi encore l’occasion une fois pour aussi tendre la main à la diaspora. Vous savez nous sommes dans un contexte où les financements sur le plan international ont beaucoup baissé, je sais que dans la diaspora il y’a souvent des volontés de soutenir des frères et des sœurs, des fois des micros soutiens ne sont pas à coût faramineux je crois que là aussi on peut inventer un modèle lorsque le migrant décline son projet et que nous attestons qu’il est viable au regard du contexte nous pouvons présenter ce projet à la diaspora et voir s’il y’a des intérêts de bonnes volontés qui peuvent accompagner. Donc il y’a ça qui est une innovation. La deuxième innovation majeure c’est de dire aujourd’hui que nous allons travailler sur la réintégration communautaire. Ce projet permet de ne pas s’intéresser à un individu en tant que migrant et comme si justement on récompensait ceux qui prennent le risque de partir. Donc l’idée c’est de travailler sur un projet de réintégration qui intègre un membre de la communauté soit bénéfique aux membres de la communauté au sens large. Donc nous commençons actuellement ce projet avec l’Union européenne qui est un partenaire phare en la matière et qui aujourd’hui, nous fait confiance pour mener ce nouveau chantier.
JSK : Que fait l’OIM à son niveau pour freiner les départs massifs ? Est-ce que l’OIM a pour vocation dans ses missions à freiner ou à ralentir la fuite des cerveaux dans un pays ?
M. Diop : Merci, Jean Solaire, cette question est extrêmement importante, d’autant plus qu’elle est posée dans le sol canadien avec vous-même qui êtes aussi une personnalité concernée par ce sujet. Moi, je dirais qu’aujourd’hui, déjà, l’OIM n’a pas vocation à freiner le mouvement migratoire. La migration est un choix, elle ne doit pas être une nécessité. Tant que les migrations sont des volontés individuelles encadrées et que c’est un mouvement régulier, donc de ce point de vue, vraiment, notre travail ne vise pas à freiner cela. Lorsque la migration est irrégulière, là, nous avons vocation à la freiner, parce que nous voyons les conséquences. Quand il s’agit des mouvements vraiment réguliers, c’est-à-dire des mouvements qui respectent des conditions de visas, des personnes qui obtiennent effectivement des visas travailleurs, des chiffres montent au Cameroun et j’entends, en tant que premier responsable de l’OIM, plusieurs sons de cloches. Ma démarche pour le cas du Cameroun a été de dire qu’il faut d’abord maîtriser les chiffres, une fois que les chiffres sont maîtrisés, il faut comprendre le phénomène.
Ce qui fait que nous avons mené des enquêtes auprès de 2000 personnes qui étaient au départ du Cameroun dans les mêmes conditions pour comprendre quelles sont les causes de départ, quels sont les catégories socio-professionnelles en jeu, est-ce qu’il y a volonté de revenir au Cameroun, est-ce qu’il y a volonté de soutenir les Camerounais à partir d’une destination. Je pense qu’il faut que nous travaillons ensemble à regarder… depuis des années, c’est extrêmement important. Nous avons vu plusieurs secteurs socio-professionnels se plaindre, quand nous avons demandé quels étaient les chiffres, elles n’étaient pas capables de nous donner les chiffres. Mais comment pouvez-vous construire un dialogue politique, stratégique en l’absence de données probantes et fidèles à la réalité ? Nous nous sommes, par exemple, rendus compte que lorsque nous menons cette enquête, que les premières catégories qui se sont les ingénieurs et pas les fonctionnaires, contrairement à ce qui est répandu. Le sujet sur la migration est un sujet qui appelle des passions, c’est un sujet où chacun se donne à cœur joie sans forcément détenir la vérité ou des fois sans, c’est une constance dans plusieurs pays, même en Europe. On parle de la migration vers l’Europe avec exagération, on oublie de dire que la plus grande migration est d’abord intra-régionale et intra-africaine, mais cette partie, les médias n’en parlent pas beaucoup.
Donc, pour revenir à la question, je dirais comprenons le phénomène, regardons et accompagnons le gouvernement ou les gouvernements à mettre en place des stratégies d’approche. Le tout, c’est de dire aussi aujourd’hui que nous avançons vers ce que nous appelons les accords de mobilité de la main-d’œuvre. Le Cameroun pourrait, ou un pays africain pourrait, dans sa relation avec un pays développé, signer un accord qui pourrait faciliter cette mobilité. Conscient que la mobilisation apporte une valeur ajoutée au pays d’accueil, au pays de transit, mais aussi au pays de départ, et ça, il faut vraiment le garder en esprit quand on parle de ce sujet. Et deuxième, de dire que dans une entreprise où il y a de la diversité, il y a du succès. La synthèse à laquelle nous aboutissons va créer notre unicité, notre particularité.
Mais que de se retrouver avec une catégorie identique, un genre identique, il est clair que ce qui va sortir n’est pas quelque chose de formidable et de compétitif. Donc, je pense qu’il y a tout ça qu’il faut regarder. Regardons la question du retour de la diaspora, facilitons les voies régulières de la migration, parce que une fois installée, cette diaspora peut être un acteur fort du développement du pays de départ. ADN, en fait, qui m’invite aujourd’hui à Ottawa, avait organisé le même forum impact diaspora il y a quelques temps, j’ai également pris part à ce forum de Douala. C’est pour dire que quand vous regardez ce que ADN fait au Canada, c’est une diaspora engagée, une diaspora disponible, une diaspora qui aspire et qui contribue au développement du Cameroun.
JSK : Le Cameroun est aujourd’hui très sollicité par les réfugiés venant des pays voisins. Êtes-vous concernés par ce phénomène ?
M. Diop : À ce niveau, je pense qu’il faut faire le distinguo. Quand une personne étrangère entre au Cameroun, pour chercher refuge ou protection, on l’appelle réfugié et là, nous entrons dans le champ d’opération du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), cela n’entre pas dans les missions de l’OIM. L’OIM travaille avec les réfugiés quand il s’agit de leurs réinstallations dans certains pays, quand ils acceptent de les recevoir.Donc, aujourd’hui, nous avons dans le monde 5 à 6 pays qui disent au Cameroun : « Félicitations pour la solidarité, nous allons t’accompagner en te déchargeant de quelques personnes que tu as reçues sur ton sol ». Donc, lorsque les pays décident de faire cela, l’OIM va intervenir pour accompagner ce mouvement depuis les camps de réfugiés jusqu’au pays de destination.Donc, je dirais vraiment sur la question que vous avez posée, s’il s’agit des réfugiés, c’est vraiment le HCR, s’il s’agit d’étrangers, là, il entre dans notre mandat en tant que migrant économique, personne qui, comme on le dit en langue courante, est venue se chercher au Cameroun.
JSK : Au regards des challenges évoqués, quels sont les actions prioritaires à mener pour y faire face?
M. Diop : Merci beaucoup, Jean-Solaire, pour la question. Je pense que pour un pays comme le Cameroun aujourd’hui, les priorités sont sur la promotion de la migration économique. Vraiment, faciliter les voies régulières de la migration, créer des partenariats entre le Cameroun et d’autres pays extrêmement riches en capital humain vis-à-vis de ces relations, donc avec ces pays destinations. Je pense que c’est une priorité pour nous. La deuxième priorité est une solution durable pour les populations des déplacées internes. Ce que nous entendons par solutions durables, c’est qu’il faut arrêter de donner aux migrants, de donner aux déplacés internes une aide urgente, de maintenir que l’aide urgente. Il faut accompagner pour que cette urgence soit un moment court et que très rapidement, la personne soit dans une perspective de résilience, où elle arrive elle-même à se prendre en charge. La troisième priorité actuelle, c’est comme je le disais, c’est de promouvoir plus de retour volontaire, une meilleure réintégration pour les Camerounais qui acceptent de rentrer sur leur territoire.
JSK : Pour finir, on ne peut pas éviter cette question qui est celle des visas. Quel est votre role dans le processus d’obtention des visas d’entrée au Canada?
M. Diop : Le Canada est un pays extrêmement stratégique pour l’OIM. Dans plusieurs pays dans le monde, ce que nous appelons les centres de réception des visas du Canada, nous gérons uniquement la partie administrative. Nous recevons les clients, nous veillons à ce que leurs dossiers soient complets, soient conformes aux normes requises par le Canada. Une fois que l’ensemble de ces dossiers sont montés, nous faisons aussi les prises biométriques. Dans le cadre du voyage, il y a la biométrie. Dans le cadre des étudiants qui viennent s’installer, l’OIM s’occupe aussi de la santé. Nous avons des cliniques, à Yaoundé et Douala, où nous faisons l’évaluation de la santé pour les émigrants. Nous faisons les prises, nous recevons les dossiers et nous les transmettons après au Canada, au Haut Commissariat qui prend les décisions d’accepter ou non la demande de visa. Une fois qu’ils finissent, le dossier revient à l’OIM, qui est chargé de remettre le passeport au demandeur. Donc, voilà un peu où se situe notre rôle. C’est un rôle extrêmement important qui nous permet effectivement de voir un certain nombre de difficultés et de défis qui se posent dans ce cadre.
JSK : Les usagers se plaignent que les visas n’arrivent pas à temps. Est-ce que vous en êtes responsable ?
La question de la responsabilité, je dirais, est une façon de voir la chose. Mais ce que nous remarquons, c’est que beaucoup de personnes déposent les visas en retard. Le Canada prend toujours le soin de décrire les périodes de temps de traitement de dossiers. Ces temps de traitements ne sont pas toujours connus ou respectés par ceux qui viennent déposer les demandes.
M. Diop : Parce que c’est le coût de traitement qui varie, entre les saisons hautes et les saisons basses, donc il faut s’informer. Quand on veut aller au Canada en janvier, il y a un temps où il faut s’y prendre, donc ça, c’est un problème que nous rencontrons. Le deuxième défi, c’est que malheureusement, beaucoup de dossiers qui nous parviennent contiennent des éléments de fraudes. Les faux diplômes, les faux actes de naissance, des fausses pièces d’identité, etc. Et là, le temps de la vérification est un temps important.Troisième, on a aussi dans le cadre de ces documents frauduleux, des pièces qui prétendent que la personne reviendra au Cameroun au terme de son séjour. Donc, là aussi, ça va alourdir le temps de traitement. Donc, je dirais que nous sommes en discussion avec l’ISCC pour voir qu’est-ce que nous pouvons mettre en place pour remédier à cela. Cette invitation est aussi une occasion pour moi de sensibiliser en disant que chaque fois qu’un document frauduleux entre, il faudrait que les usagers sachent que cela crée plus de suspicion et oblige à plus d’attention dans le traitement de tous les dossiers qui vont arriver. Donc, c’est comme une responsabilité commune que nous partageons. Respectons les temps d’application, veillons à ce que les documents que nous donnons soient corrects. Et souvent, les gens ne savent pas simplement que même avec les dossiers, ils obtiendront le visa. Car il y a des agents, des intermédiaires qui se mêlent, qui donnent des fausses informations tendant à faire croire que sans les faux documents, vous n’obtiendriez pas le visa canadien. Mais je puis vous dire que le Canada est un pays qui a des règles claires et connues, qui sont accessibles à tout le monde, allons à la source et faisons les démarches telles que c’est expliqué dans les sources officielles du gouvernement du Canada.
JSK : Vous venez de participer au Forum IMPACT DIAPORA 2025 à Ottawa , organisé par Africa Developpement Network (ADN). Globalement, pouvez-vous nous dire ce que vous retenez de ce forum ?
M. Diop : Merci beaucoup, Jean-Solaire, la question est pertinente pour moi qui participe pour la première fois au sol canadien et qui a réussi à participer à un panel de haut niveau avec les ambassadeurs de la Mauritanie et du Kenya, sans oublier l’honorable parlementaire qui était avec nous. Je constate une volonté solide de la diaspora qui, m’est confirmé, de travailler pour le développement socio-économique du Cameroun. Et comme je le disais, nous sommes en train d’accompagner le gouvernement pour le développement des stratégies nationales d’engagement de la diaspora. Je repars satisfait et confiant que ce projet a sa valeur, sa pertinence et je l’espère contribuera à cimenter les relations davantage entre le Cameroun et sa diaspora dans le monde entier et en particulier au Canada.
JSK: Je vous remercie d’avoir accepté de répondre à nos questions!
M. Diop : C’est moi !



